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Être mannequin : tout comprendre à l’univers du mannequinat !

Être mannequin : tout comprendre à l’univers du mannequinat !

Andréa Bensaid, Eskimoz CEO
Andréa Bensaid
24/04/24
Mannequinat

S’il y a bien un métier qui fait rêver, c’est celui de mannequin. Shootings photos, défilés de mode, tournages publicitaires, séances d’essayage… On a souvent l’image du mannequin comme d’un homme ou d’une femme qui prête ses traits à une marque ou à un créateur, en faisant la une des magazines – comme les Bella Hadid, Cara Delevingne et autres Lucky Blue Smith.

Mais la réalité est à la fois plus complexe et plus pragmatique : dans cette profession, il est tout aussi important de savoir gérer son emploi du temps et négocier ses contrats que de prendre la pose devant un objectif.

Le glamour et les paillettes dissimulent en effet des conditions de travail difficiles et un univers ultra-concurrentiel qui nécessite patience et persévérance. C’est d’autant plus vrai que le métier a beaucoup évolué avec le web, notamment les réseaux sociaux.

Quotidien, qualités requises, difficultés du mannequinat… Découvrez tout ce qu’il faut savoir au sujet de cette profession très enviée, mais souvent mal comprise.

Qu’est-ce qu’un mannequin ? Un métier plus complexe qu’il n’en a l’air…


En quelques mots : le mannequin pose et s’expose. Il prête son image à une marque, une entreprise ou un créateur, afin de valoriser des produits de l’univers de la mode. Son métier peut s’exercer dans des circonstances variées : bien sûr, il y a les shootings photos et les défilés de créateurs (haute couture ou prêt-à-porter), ainsi que les tournages de publicités, mais ce n’est là que la partie émergée de l’iceberg.

En effet, le quotidien d’un mannequin ne comprend qu’une portion (plus ou moins infime) d’exposition corporelle. Une grande partie du travail consiste à réaliser des essayages de vêtements ou d’accessoires, à passer des castings, à voyager un peu partout, ainsi qu’à patienter durant les longues heures de préparation obligatoire avant une séance photos ou un passage sur le podium.

Par ailleurs, il y a également toute une dimension proprement invisible, propre à ce métier comme à celui de sportif professionnel. Il s’agit évidemment de la façon dont le mannequin gère et affermit son image, en vertu d’une hygiène de vie irréprochable, d’un entretien physique rigoureux et d’un régime alimentaire strict.

Il lui faut aussi apprendre les règles de maintien pour les poses et les défilés, constituer et mettre à jour son book, entretenir des relations avec son réseau (agents professionnels, agences de mannequinat, marques…), et enfin, gérer sa communauté sur les réseaux sociaux. Car, oui, cela fait aujourd’hui pleinement partie du métier.

Il faut dire que la profession s’est transformée. Cela, sous l’effet conjoint de l’évolution de la société (au regard des canons de beauté et de la notion d’inclusion), des changements dans les habitudes de consommation, et de l’essor des outils digitaux qui permettent désormais de travailler son image de marque personnelle. Ainsi, il n’est plus rare que le mannequin (homme ou femme) soit aussi influenceur(se) et qu’il(elle) produise des contenus.

Que faut-il pour devenir mannequin ?

Pour se faire sa place dans ce monde, il faut combiner trois caractéristiques principales. La première, sans surprise, c’est l’apparence physique. Les agences de mannequinat ont des critères de sélection rigoureux, en matière de taille, de poids, de mensurations et de photogénie – au-delà de la seule beauté, il est indispensable, en effet, de « bien passer » à l’image.

Toutefois, ces critères évoluent avec le temps : les seuils autrefois rédhibitoires (au minimum 1,72 m pour la taille, au maximum 60 kg pour le poids, soit l’équivalent des tailles 34/36 pour les vêtements) ne sont plus d’actualité dans la plupart des cas.

Bien que les standards évoluent et que les marques intègrent plus de diversité dans leurs représentations de la beauté, il reste que la silhouette du mannequin doit correspondre aux critères du moment, donc aux « tendances ». Or, la difficulté réside dans le fait que celles-ci tendent à changer toujours plus vite, créant des effets de mode difficiles à suivre pour ceux qui vivent de leur image.

La deuxième caractéristique englobe toutes les qualités personnelles. Le quotidien d’un mannequin étant effréné, et ses tâches nombreuses, il lui faut…

  • faire preuve d’une grande résistance, à la fois physique et nerveuse ;
  • avoir beaucoup de disponibilité et être réactif(ve) ;
  • être extrêmement bien organisé(e) ;
  • être ponctuel(le) ;
  • avoir une patience à toute épreuve, en raison des longues heures de préparation nécessaires avant une session photos ou un défilé (pour le maquillage, la coiffure et l’habillage) ;
  • savoir se valoriser aux yeux des agences, des créateurs et des maisons de mode ;
  • être capable de négocier des contrats ;
  • avoir de la détermination, voire de l’abnégation ;
  • avoir du savoir-être (pour laisser un bon souvenir dans l’esprit des gens) ;
  • parler un bon anglais (pour pouvoir envisager une carrière internationale dans le mannequinat).

Enfin, la troisième caractéristique a trait à la personnalité. C’est sans doute l’une des plus importantes de nos jours, du fait de la montée en puissance des réseaux sociaux et du personal branding. Un mannequin qui ambitionne de faire carrière ne peut plus se contenter d’être beau/belle et de défiler élégamment ; le charisme est au moins aussi essentiel, ainsi que la capacité à communiquer auprès du public.

Ainsi, les marques cherchent volontiers à attirer des personnalités fortes et mémorables, susceptibles de fédérer des communautés massives. C’est aussi pour cette raison que le choix des candidat(e)s se base moins qu’autrefois sur le physique, et plus sur la valeur ajoutée de la personne.

Le mannequinat : un univers impitoyable !

Impossible d’évoquer les qualités nécessaires pour devenir mannequin sans parler des particularités d’un environnement professionnel réputé pour son exigence. Qu’est-ce qui rend le mannequinat si difficile ?

  • Le métier implique des voyages nombreux dans tous les coins du monde, ainsi que des horaires décalés.
  • Les conditions de travail sont souvent pénibles, avec de longues heures d’attente ou de pose devant l’objectif.
  • La concurrence y est particulièrement féroce : il ne faut pas se laisser décourager par les refus successifs, et pour cela, avoir une grande confiance en soi.
  • Les professionnels qui vivent du mannequinat ont des fortunes extrêmement variables en matière de travail et de rémunération. Les écarts salariaux sont en effet énormes (on y reviendra plus loin), comme c’est souvent le cas des métiers artistiques.

De fait, pour réussir, les mannequins doivent avoir des nerfs d’acier et une volonté de fer afin de franchir les (très nombreux) obstacles qui se présentent sur leur chemin. Car, dans cet univers impitoyable, seulement de rares élu(e)s parviennent à faire carrière et à occuper les unes des magazines.

Comment devient-on mannequin ?

Le mannequinat fait partie de ces professions dans lesquelles le charisme, le bagout et la chance supplantent les diplômes. Si des formations voient régulièrement le jour à mesure que le cadre réglementaire évolue, et si ces enseignements ont clairement leur utilité (on y fait l’apprentissage du métier, de l’art de défiler ou de poser devant la caméra, des techniques à employer pour se mettre en valeur), il n’empêche que la grande majorité des mannequins commence jeune et le plus souvent en se faisant remarquer par une agence, un directeur de casting ou un chasseur de têtes (un talent scout en anglais).

Pour devenir mannequin, il faut donc avant tout miser sur soi-même et multiplier les démarches à titre personnel ou avec l’aide d’un agent spécialisé : contacter différentes agences, passer des castings et des concours, et surtout réaliser un book avec l’aide d’un professionnel de la photographie.

La formation se fait sur le tas, ou peut être prodiguée par les agences. Aussi, les carrières commencent tôt : les futures stars des podiums sont parfois repérées dès l’âge de 14 ans, et le plus souvent autour de 16 ans. Mais en raison de la concurrence effrénée, il est commun de concilier l’activité de mannequin avec une autre carrière.

En contrepartie, la « vie active » d’un mannequin se termine tôt – vers 30 ou 35 ans, tout au plus. Il est donc crucial de mettre en place un processus de reconversion viable, afin de poursuivre une activité au-delà, si possible en lien avec son premier métier. Il est courant, pour des personnes ayant travaillé dans le mannequinat, de conserver une place dans cet écosystème : on y devient formateur de jeunes mannequins, commercial spécialisé dans la haute couture, rédacteur mode, responsable de collection, maquilleur(se), photographe, agent(e) professionnel(le), ou gérant(e) d’une agence.

Beaucoup travaillent aussi comme « mannequins parties », c’est-à-dire en valorisant une partie bien délimitée de leur anatomie : les pieds pour des vernis à ongles, les mains ou le cou pour des bijoux, etc. On peut également s’engager dans des études tardives. Mais tout cela doit se préparer !

Combien gagne un mannequin ?

Au cours de cette carrière relativement brève, un mannequin est susceptible d’engranger des revenus importants… ou, au contraire, de courir après les cachets.

C’est, là encore, un point commun entre les métiers de la mode et ceux du monde artistique : il existe une grande inégalité salariale entre les professionnels. Sans même parler de ceux et celles qui abandonnent faute de réussir à gagner correctement leur vie.

Au global, le salaire mensuel d’un mannequin peut osciller entre 500 € et des sommes à six chiffres. Ces écarts majeurs s’expliquent de plusieurs manières :

  • Les rémunérations en mannequinat se font le plus souvent à la prestation – rares sont les mannequins salariés à long terme. Cela veut dire que le montant des émoluments dépend d’abord de la capacité de chacun(e) à trouver du travail de façon régulière.
  • Les salaires varient du tout au tout en fonction de la prestation, mais aussi des conditions de rémunération. Par exemple, les mannequins photos gagnent souvent mieux leur vie parce qu’ils touchent des droits à l’image. Il faut aussi tenir compte du pourcentage prélevé par les agences et/ou par les agents : en France, un mannequin touche en moyenne 30 % du coût total de la prestation facturée au client.
  • Le métier de mannequin est précaire : une semaine de travail intense peut être suivie par plusieurs mois d’inaction.
  • La notoriété du mannequin joue pour beaucoup dans la rémunération. Alors qu’un modèle lambda peut toucher 1 000 € pour une journée de défilé, un « top model » gagnera jusqu’à 10 000 € pour le même travail.

Le mannequinat à l’ère du digital : être mannequin ET influenceur

Le monde du mannequinat est marqué par une évolution rapide depuis une dizaine d’années, en raison de l’intégration progressive du digital dans les habitudes de travail.

C’est vrai notamment des réseaux sociaux qui ont bouleversé l’industrie de la mode sur plusieurs plans, le plus important étant l’essor des influenceurs et le développement de leur rôle d’intermédiaire entre les marques et le grand public.

Ces créateurs de contenu, qui cartonnent sur Instagram, TikTok ou YouTube, sont sollicités par des marques souhaitant tisser des partenariats et bénéficier de leur influence sur leur communauté.

La particularité vient du fait que, désormais, les professionnels de la mode attendent aussi des mannequins qu’ils règnent sur une communauté de fidèles. Énormément de marques n’envisagent plus de travailler avec un mannequin qui serait suivi par moins de 10 000 utilisateurs sur ses comptes sociaux.

La raison en est simple : elles ne cherchent plus seulement des visages ou des corps, mais aussi des vecteurs de communication, des personnalités fortes susceptibles de générer de l’engagement en postant du contenu.

De plus en plus, la popularité sur les médias sociaux prend donc le dessus sur le seul statut de mannequin. Ce qui a un double effet, positif et négatif : positif, parce qu’il ouvre la voie à des personnes qui, dans d’autres circonstances, auraient difficilement pu imaginer intégrer ce domaine très fermé.

Mais aussi négatif, dans la mesure où un mannequin qui n’est pas soutenu par une communauté a moins de chances de percer dans son métier, quand bien même il/elle disposerait de toutes les autres qualités requises.

Univers impitoyable, exigeant et ultra-concurrentiel, le milieu de la mode continue de faire rêver de nombreuses jeunes femmes et de nombreux jeunes hommes.

Pour s’en sortir comme mannequin dans un environnement hostile, il est toutefois indispensable de savoir à quoi s’attendre, et de connaître sur le bout des doigts les besoins des marques autant que des agences de mannequinat.


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